GAZ DE SCHISTE_Actus

GAZ DE SCHISTE_actus du 11 décembre 2014

Gaz de schiste, feu de paille ?

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 

En ces temps d’abondance pétrolière retrouvée – le baril d’or noir était passé, vendredi 5 décembre, sous la barre des 70 dollars (57 euros), qui se soucie encore de savoir combien d’hydrocarbures non conventionnels nous avons sous les pieds ? La question pourrait ne valoir plus guère qu’un haussement d’épaules : le gaz semble jaillir d’à peu près partout où on le cherche, le pétrole coule de nouveau à flots. La revue Nature lui consacre pourtant, dans son édition du 4 décembre, son éditorial ainsi qu’une longue enquête – le tout risquant de doucher quelque peu l’enthousiasme des tenants du gaz de schiste.

SUISSE Une commission fédérale élabore le mode d’emploi de techniques controversées. Il vaut la peine d’étudier les potentiels et les opportunités de la fracturation hydraulique comme de la géothermie profonde, estime un groupe d’experts. Dix recommandations ont été élaborées afin de «ramener à un niveau gérable» les risques liés à ces technologies. La Commission fédérale de géologie (CFG) du Département dirigé par l’UDC Ueli Maurer encourage le Conseil fédéral à explorer les techniques d’extraction de gaz non conventionnels et la géothermie profonde. Dans un communiqué diffusé mardi, le groupe d’experts fait savoir qu’il a élaboré dix recommandations destinées à «ramener les risques identifiés à un niveau gérable». Selon la CFG, en plein débat sur l’avenir énergétique du pays, la fracturation hydraulique comme la géothermie profonde peuvent «contribuer notablement à la réussite de la stratégie du gouvernement. La fracturation hydraulique consiste en l’injection sous très haute pression d’un fluide destiné à fissurer la roche où se trouve du gaz. La géothermie profonde va à la recherche de source de chaleur à plus de 400 mètres de profondeur. Les deux suscitent la controverse. Leurs détracteurs redoutent leur impact géologique et écologique.Le Grand Conseil neuchâtelois a décrété un moratoire de dix ans sur tous les sondages d’hydrocarbures, en réaction à un projet du groupe britannique Celtique Energie dans le Val de Travers.Dans le canton de Berne, une initiative «Stop-Fracking» est pendante. Au niveau fédéral, le Conseil national a transmis lors de la session d’automne une motion demandant au gouvernement de s’engager contre les projets de «fracking» dans la région du lac de Constance. Les craintes par rapport à cette technique controversée concernent notamment la pollution des eaux souterraines. L'ARTICLE

Gaz de schiste, feu de paille ?

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 

La Pologne va devoir payer des pénalités financières pour ne pas avoir rempli ses obligations européennes en matière de développement des énergies renouvelables, a estimé jeudi l'avocat général de la Cour de justice de l'UE.  L'avocat général, dont l'avis est suivi dans la plupart des cas par la Cour de justice, estime que la Pologne devrait être condamnée à une astreinte journalière de 61.380 euros jusqu'à ce qu'elle communique à la Commission européenne les mesures assurant qu'elle respecte les règles de l'UE en la matière. La Pologne a manqué à son obligation de transposer la directive relative à la promotion de l'utilisation de l'énergie produite à partir de sources renouvelables, et persisté dans son manquement, a indiqué la Cour dans un communiqué. Cette directive, censée être transposée dans le droit national des Etats membres avant décembre 2010, entre dans le cadre du paquet énergie-climat, rappelle le communiqué.  Son objectif est d'établir un cadre juridique permettant à l'Union d'atteindre en 2020 une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leur niveau de 1990, un relèvement à 20% de la part d'énergie produite à partir de sources renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie et une amélioration du rendement énergétique dans l'Union de 20%.  L'avocat général s'aligne sur le recours de la Commission européenne, qui avait demandé à la Cour de condamner la Pologne à une astreinte de 61.380 euros par jour de retard à s'acquitter de ses obligations. Les États membres doivent indiquer sans ambiguïté quelles sont les mesures législatives, réglementaires et administratives au moyen desquelles ils considèrent avoir rempli les différentes obligations que leur impose la directive, rappelle la Cour. Or l'avocat général a constaté que la Pologne, au jour de l'examen des faits par la Cour, n'avait toujours pas transposé en droit interne certaines dispositions de la directive, ni communiqué à la Commission des mesures de transpositions suffisantes.  Encore très dépendante du charbon, la Pologne est à la tête du combat mené par les Etats de l'est de l'Europe pour obtenir des compensations à la transition vers des énergies plus durables. (©AFP / 11 décembre 2014 11h43)  

 

GAZ DE SCHISTE_actus du 7 décembre 2014

Début de l'exploitation commerciale du gaz de schiste en Algérie en 2022
Alger - L'exploitation commerciale du gaz de schiste en Algérie devrait commencer en 2022 avec une production de 20 milliards (mds) de m3, a annoncé dimanche à Alger le PDG de la société publique d'hydrocarbures Sonatrach, Saïd Sahnoun. Nous comptons entamer la phase-pilote de l'exploitation des ressources non conventionnelles en 2019, avec la perspective de mettre ce potentiel en production à partir de 2022, a déclaré M. Sahnoun lors d'une rencontre internationale sur le pétrole et le gaz à Alger. La Sonatrach va commencer à produire du gaz de schiste en 2022 avec un volume de 20 milliards de m3 par an, a-t-il ajouté.
Sonatrach prévoit de renforcer ses capacités de production de gaz de schiste grâce à l'intensification des investissements afin d'atteindre les 30 mds de m3 à l'horizon 2025-2027, a-t-il ajouté. Selon M. Sahnoun, les ressources techniquement récupérables de gaz de schiste sont estimées à près de 700 Tcf (trillion de pieds cubes), soit plus de 19.000 mds de m3.
L'Algérie est classée au 3e rang mondial, juste après la Chine et l'Argentine, en termes de réserves de gaz de schiste récupérables, selon le dernier rapport du département américain de l'Energie (DoE) sur les réserves des hydrocarbures non conventionnels.
En Algérie où les hydrocarbures comptent pour 97% des recettes d'exportations, les réserves en gaz conventionnel prouvées sont estimées à plus de 4.000 mds de m3 et celles en pétrole à plus de 12 mds de barils.
Le pays produit actuellement 80 mds de m3 par an et ambitionne de doubler cette production dans les dix prochaines années.
M. Sahnoun a indiqué que la Sonatrach allait investir 90 mds de dollars dans le cadre de son plan de développement quinquennal destiné à accroître ses capacités de production, en dépit de la chute des cours du pétrole. En juillet, le groupe avait évoqué la somme de 100 mds de dollars.
L'objectif de ce programme est notamment d'exploiter de nouvelles zones insuffisamment explorées et de prouver l'énorme potentiel de l'Algérie en offshore, a précisé le patron de la Sonatrach.(©AFP / 07 décembre 2014 18h28)

 

European Union foreign affairs chief Federica Mogherini yesterday (3 December) pushed for the inclusion of an energy chapter in the Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) during talks with US Secretary of State John Kerry. The foreign affairs bosses met during the EU-US Energy Council. The meetings, the latest of which was held in Brussels, are part of a political, and practical, response to the Ukraine crisis. Diplomats discussed measures to bolster EU energy security such as the “Freedom” floating liquefied natural gas (LNG) terminal in Lithuania, a new gas interconnection agreement between Finland and Estonia, and LNG terminals in Helsinki and Tallinn. Diversifying routes and supplies of gas is vital to reduce the EU’s dependence on Russian natural gas. About 30% of the EU’s annual needs are supplied by Russia through Ukraine.  In 2009, Russia turned off the taps, causing shortages in the EU. The Council agreed that energy security is also underpinned by “open, competitive and transparent international energy markets,” according to a press release.  

Shale gas free nederlandLES NEERLANDAIS, eux, N'EN VEULENT PAS : No shale gas while we’re in government, Labour leader says Politics December 4, 2014    Sharp divisions have emerged between the ruling coalition parties about the controversial hunt for shale gas in the Netherlands. Labour leader Diederik Samsom said on Wednesday it is ‘completely unnecessary’ to drill for shale gas in ‘this densely populated country’. Samsom, who is not a minister, repeated his position later in parliament during a debate on climate change and said there were would be no drilling as long as his party is part of the governing coalition. In June, the Labour party said it would accept test drilling as long as the process is shown to be clean and safe.

GAZ DE SCHISTE_revue de presse du 29 novembre 2014

Position de Nicolas SARKOZY (pas vraiment d'actu, mais je ne crois pas l'avoir mentionné) : 
LE GAZ DE SCHISTE, IL NE FAUT DÉSORMAIS PLUS S'EN PASSER !
Sa protégée Nathalie Kosciucko-Morizet a dû s’étrangler, ce 25 septembre. Lors de son premier meeting depuis son retour aux manettes politiques, à Lambersart, s’en prend au «principe de précaution» cher à l’ex-ministre de l’Ecologie. «Je ne peux pas accepter que les Etats-Unis soient devenus, du point de vue de l’énergie, indépendants grâce au gaz de schiste, et que la France ne puisse pas profiter de cette nouvelle énergie», revire-t-il. Reniant sa fermeté de 2011, lorsque chef de l’Etat, il refusait d’autoriser «l’exploitation du gaz de schiste par fragmentation hydraulique» : «Je sais que Total a déposé un recours mais de toute façon, pour nous, ce sera non.» A cette période, une proposition de loi UMP faisait sauter les permis de recherches d’hydrocarbures non conventionnels (gaz de schiste) et interdisait leur exploitation et même leur exploration.  LE REVIREMENT 

GAZ DE SCHISTE_revue de presse du 24 novembre 2014

Ineos parie sur le gaz de schiste au Royaume-Uni

Le chimiste va investir 1 milliard de dollars dans le gaz de schiste au Royaume-Uni.

Le projet d’Ineos a de quoi surprendre. En fin de semaine dernière, le groupe chimique a annoncé qu’il investirait 1 milliard de dollars (un peu plus de 800 millions d’euros) pour rechercher du gaz de schiste au Royaume-Uni. « Des investissements importants interviendront par la suite si l’entreprise s’engageait dans une phase de développement et de production », a ajouté l’industriel.

EN SAVOIR PLUS 

Que ceux qui veulent visionner le débat sur la chaîne parlementaire y aillent de leur propre chef, je ne peux (ni veux) pour ma part, relayer les insuffisances (incompétences) de Thomas Porcher (je l'ai déjà dit et il ne s'agit pas là de jalousie de ma part) qui à la question d'Emilie Aubry "quelle est la différence entre gaz et pétrole de schiste" répond : "le gaz de schiste, c'est du gaz" et d'éluder la question en parlant coût d'extraction parce qu'il ne connaît pas la réponse. Affligeant que ce personnage soit dans tous les médias alors que les collectifs nationaux anti-gaz-de-schiste ne se sont pas résolus à désigner un porte-parole (le Testet et NDDL l'ont fait).

GAZ DE SCHISTE_revue de presse au 20 octobre 2014

En coulisses, les industriels s'activent

On les croyait enterrés. Les huiles et gaz de schiste du sous-sol français – dont on ignore du reste combien il en recèle – semblaient voués à y demeurer, depuis la loi du 13 juillet 2011 qui a banni la fracturation hydraulique, seule technologie aujourd'hui disponible pour extraire ces hydrocarbures non conventionnels de la roche-mère, la roche profonde (généralement entre 1 500 et 3 000 mètres) et compacte où ils sont confinés. Une interdiction dictée par l'impact environnemental de ce procédé, qui met notamment en œuvre des additifs chimiques toxiques. Or, les hydrocarbures de schiste refont aujourd'hui surface.

Le débat a été abruptement relancé par la sortie de Nicolas Sarkozy qui, le 25 septembre, en meeting de campagne pour la présidence de l'UMP, s'est déclaré en faveur de l'exploitation de ces ressources. « Tant que je serai ministre de l'écologie, il n'y aura pas de gaz de schiste et pas d'investigation sur le gaz de schiste », a aussitôt réagi Ségolène Royal.

C'est confirmé : les aquifères de Californie contaminés (Source : The Health Environmentalist)

Après que les autorités de l’État de Californie aient fermé 11 puits d’injection d’eaux usées de fracturation au mois de Juillet dernier, inquiètes que les eaux usées aient pu contaminer les nappes phréatiques utilisés pour l’alimentation en eau potable et l’irrigation agricole, le ministère fédéral de l’environnement des États-Unis (EPA) avait demandé qu’un rapport soit préparé sous 60 jours.

On a appris hier que l’autorité de gestion de l’eau en Californie avait envoyé une lettre à l’EPA confirmantqu’au moins neuf de ces sites avaient réinjecté les eaux usées contaminées par des fluides de fracturation et d’autres polluants dans la nappe phréatique, laquelle est pourtant protégée par la loi fédérale sur l’eau (Safe Drinking Water Act).

QUESTION ECRITE DE Mme Laurence Abeille qui alerte Mme la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie sur la mise en consultation de permis de recherche d'hydrocarbures. Le ministère de l'écologie a mis en consultation, en septembre 2014, plusieurs nouveaux projets d'attribution de permis de recherche d'hydrocarbures conventionnels, qui font suite à quatre projets dont la consultation a pris fin le 22 septembre 2014. Si la consultation précise que, conformément à la loi de 2011 sur l'interdiction de l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, « le pétitionnaire s'est engagé à ne pas avoir recours à la technique de la fracturation hydraulique », la contestation monte pourtant, notamment pour les permis de Cézy et de Dicy dans les départements de l'Yonne et du Loiret. L'attribution de ces permis, même s'ils portent sur la recherche d'hydrocarbures conventionnels, permet évidemment la recherche de gaz de schiste, ce qui ouvrirait à terme la voie vers l'exploitation de cette ressource polluante. Lors de la discussion du projet de loi de transition énergétique le 6 octobre 2014 à l'Assemblée nationale à propos de l'attribution du permis de Calavon dans le Vaucluse, elle a justement pointé le risque que l'exploration d'hydrocarbures traditionnels ne glisse vers une exploitation des gaz de schiste. Elle a alors déclaré que, si une entreprise procède à des forages, « elle pourra nous dire : « Je n'ai pas trouvé les hydrocarbures traditionnels que je cherchais, mais j'ai foré jusqu'à la roche mère, où je pense que se trouve un peu de gaz de schiste. J'ai procédé à des investissements, ces forages m'ont coûté cher : laissez-moi maintenant provoquer des explosions pour récupérer du gaz de schiste ! ». C'est précisément cela que je ne veux pas voir, non seulement dans le parc du Lubéron, mais partout ailleurs ! ». Ce risque de dérive vers une exploitation de gaz de schiste est le même pour tous les autres permis en consultation, dont ceux de Cézy et Dicy. Or elle connaît les risques de l'exploitation du gaz de schiste, et elle a alors rappelé avec raison le même jour à l'Assemblée nationale que « le choix du mix énergétique de la France est clair, et il n'y aura pas de fuite vers le gaz de schiste. Du reste, aux États-unis, on en revient. Bulle spéculative, dégâts environnementaux considérables, problème de santé publique, avec les séquelles dont souffrent les riverains des puits de forage, multiplication de friches industrielles lorsque les réserves sont épuisées et que les opérateurs privés se déplacent de site en site : épargnons cela à la France et renonçons à l'exploitation des gaz de schiste, comme l'ont fait tous les pays européens ». Un récent sondage BVA publié le 2 octobre 2014 rappelle que 62 % des Français sont opposés à l'exploitation des gaz de schiste. Elle tient également à rappeler que la seule voie d'avenir pour la France est celle tracée par les énergies renouvelables. L'exploitation d'une source d'énergie carbonée nous détournerait de cet objectif et ne ferait que ralentir notre inévitable transition énergétique. Aussi, elle souhaiterait savoir si le Gouvernement compte appliquer à l'ensemble des demandes de permis de recherches d'hydrocarbures la même logique que celle qui a prévalu pour le permis de Cavalon.

Madame la Ministre de l'écologie, ne signez pas les permis !

Madame Ségolène Royal

Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie

Hôtel de Roquelaure

246, boulevard Saint-Germain

75007 - PARIS

Le 28 septembre 2014

 Madame la Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie,

 Vous exprimant dans les médias, vous avez, Madame la Ministre, « assuré qu'il n'y aura pas d'exploitation du gaz de schiste, ni même d'investigation ». Or, dans le même temps - et pendant le débat sur votre Projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte - vous avez mis en consultation, jusqu'au 11 octobre 2014, DOUZE projets d’attribution de permis exclusifs de recherches d’hydrocarbures liquides ou gazeux conventionnels :

- Permis de Calavon (ex Tartas) à la société Tethys Oil France AB, situé sur les départements des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse allant de Lagarde d'Apt à Sénas en passant par l'Isle-sur-Sorgue et Ansouis. ;

- Permis de Rouffy-Estheria dans le Bassin de Paris aux sociétés San Leon Energy Plc et Realm Energy (BVI) Corporation, qui était en concurrence avec la demande dite de « Estheria » par la société Lundin International (Après discussions avec les sociétés pétitionnaires dans le cadre du règlement de la concurrence et révision du périmètre de Rouffy, il est proposé d’attribuer le permis de Rouffy aux sociétés San Leon Energy Plc et Realm Energy (BVI) Corporation et le permis de Estheria à la société Lundin International) ;

- Permis de Dormans, de Montmort et de Saint Martin d’Ablois, respectivement aux sociétés Concorde Energy Inc, Realm Energy (BVI) International et Bluebach Ressources SARL dans les départements de l’Aisne et de la Marne à une dizaine de kilomètres à l’est de Château-Thierry et à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Reims ;

- Permis de Cézy à la société Bluebach Ressources. et de Dicy à la société Realm Energy International Corporation sur les départements de l’Yonne et du Loiret ;

- Permis de Provence portant sur partie des départements des Bouches-du-Rhône, des Alpes de Haute Provence et du Vaucluse à la société Queensland Gas Company ;

- Permis dit de « Chambrey », situé sur le département de la Moselle à la société Elixir Petroleum (Moselle) Limited ;

- Permis dit de « Herbsheim » situé sur le département du Bas Rhin à la société Bluebach ;

- Permis dit de « Marne », situé pour partie sur les départements de la Haute-Marne, de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges à la société Elixir Petroleum (Moselle) Limited

au titre desquels les pétitionnaires se sont engagés à « ne pas avoir recours à la fracturation hydraulique des roches, conformément à la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 » ; ce qui démontre – si besoin était – les limites de ladite loi. En effet, le texte se borne à interdire une technique qu’il néglige de définir juridiquement alors que son ambition originelle était bien de mettre un terme définitif à la tentation d’une exploitation des hydrocarbures "non conventionnels" sur notre territoire[1]. Totalement dépossédé de son ambition initiale, il n’aura servi qu’à inciter les groupes industriels à la patience en conservant leurs droits dans l’attente d’un avenir meilleur.

La difficulté - qui subsiste - réside dans le fait qu’il n’existe pas de distinction entre les différents types d’hydrocarbures, "conventionnels" ou "non-conventionnels", et il est actuellement impossible de déterminer exactement s’il s’agit d’hydrocarbures qui « sont dispersés au sein d’une formation de roche non poreuse qu’il faut fracturer ou fissurer pour en extraire les huiles ou gaz qui s’y trouvent par quelque technique que ce soit » afin que l’on puisse, à l’avenir, déterminer s’il s’agit d’une production d'hydrocarbures non-conventionnels [car ce sont les mêmes types d'hydrocarbures que les conventionnels].

Il faut donc absolument parvenir à une définition - juridiquement acceptable - adaptée aux hydrocarbures ("conventionnels" et "non conventionnels") afin d’y soumettre les demandes de permis exclusifs de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux pour parvenir à un meilleur encadrement dans l’instruction et la délivrance de ces permis et des concessions car les permis octroyés y ont, à ce jour, tous échappés.

C’est pourquoi je vous propose la suivante :

Les demandes de permis exclusifs de recherche, de titres miniers d'hydrocarbures liquides ou gazeux, ainsi que  la demande d’ouverture des travaux miniers devront comporter la mention :

- s’agissant d’hydrocarbures  conventionnels : hydrocarbures formés dans la roche-mère et s’étant déplacés  en direction  de la « roche-réservoir poreuse et perméable » ;

- s’agissant  d’hydrocarbures non-conventionnels liquides : hydrocarbures  nécessitant de stimuler la roche (roche-mère – peu poreuse et imperméable  – dans la fenêtre à huile s’agissant de l’huile de schiste)  dans laquelle ils sont piégés dès la première phase d'exploitation pour obtenir une production commerciale ;

- et, enfin, s’agissant d’hydrocarbures non-conventionnels gazeux : hydrocarbures nécessitant de stimuler la roche  (roche-mère – peu poreuse et imperméable - dans la fenêtre à gaz, s’il s’agit de gaz de schiste) dans laquelle ils sont piégés dès la première phase d'exploitation pour obtenir une production commerciale."

 En outre, il convient d’empêcher d’aller dans des choix qui enfermeraient la France avec une loi coincée dans une référence à une technologie, celle de la « fracturation hydraulique » car on parle déjà de techniques alternatives de fracturation au propane liquéfié, à l’air comprimé ou par des arcs électriques ainsi qu’à la mousse de dioxyde de carbone et une société américaine a même annoncé avoir expérimenté une technologie qui pourrait débloquer les choses, en Europe, en matière d’exploitation des gaz de schiste. Cette nouvelle technique, appelée « fracturation sèche », permettrait d’extraire le gaz et l’huile de schiste sans utiliser la fracturation hydraulique en recourant à une perforation  pneumatique grâce à l’hélium. Il en est également une autre, à l’heptafluoropropane [une forme de propane non inflammable. : C3HF7, connue sous le nom HFC-227] qui n’est pas non plus sans danger pour le climat.

 On le voit, les industriels travaillent à une nouvelle ère pour l’extraction du gaz de schiste qui permettra de contourner l’interdiction contenue dans la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011.

Enfin, l’instruction des permis repose presque entièrement sur les prérogatives des membres de l’ancien Corps des mines. Ceux-ci se trouvent, en effet, en poste dans l’administration centrale et dans le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGEIET) afin d’y délivrer un avis technique. Sans que les compétences remarquables de ces hauts fonctionnaires ne soient en cause, la représentation nationale ne peut admettre leur prédominance dans un processus de décision éminemment politique qui engage la stratégie énergétique de la nation et l’avis du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) est également souhaitable.

Madame la Ministre de l’écologie, ne signez pas ces permis car, tant qu’il n’y en aura pas de parfaite définition, un doute récurrent subsistera sur leur nature dans l’esprit du public, la mobilisation reprendra créant ainsi de nouvelles et inutiles sources de conflit. Déjà un « vent de colère » a soufflé, en particulier sur le permis de Calavon, situé sur une zone de 870 km2 dans le Parc naturel régional du Luberon [2] [3]qui abrite une faune et une flore d'une exceptionnelle diversité et englobe 110.000 habitants.

Si les travaux commencent, ils scelleront la poursuite d’une politique énergétique basée sur les énergies fossiles et non vers le changement de paradigme que laissait augurer/espérer votre projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte dont on peut se réjouir qu’il ait été adopté par la commission ad-hoc.

Dans l’attente, nous vous en remercions par avance et vous prions de croire, Madame la Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, en l’assurance de notre haute et respectueuse considération.

Danièle Favari, juriste spécialisée en droit européen de l’environnement, veille juridique "actée" des Collectifs anti-gaz-de-schiste depuis le 14 mai 2011, Invitée comme expert du Parlement européen de Bruxelles à l’Atelier sur « l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans l’Union européenne et ses impacts sur l’environnement et la politique énergétique, Auteure de « Les Vrais dangers du gaz de schiste » aux éditions Le Sang de la terre et de « UE-USA, les enjeux de l’accord de libre-échange » aux éditions Yves Michel.

 COPIE à :

Monsieur Emmanuel Macron

Ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique

Télédoc 151
139, rue de Bercy
75572 Paris Cedex 12


[1] PROPOSITION DE LOI visant à abroger les permis exclusifs de recherches d’hydrocarbures non conventionnels et à interdire leur exploration et leur exploitation sur le territoire national

Le boom du gaz de schiste aux USA et ses conséquences

Tentation schiste france5Grâce au boom du gaz de schiste, les Etats-Unis se réindustrialisent à vitesse grand V. Comment la France et l'Europe en tirent-elles parti?

La réindustrialisation amorcée aux Etats-Unis, soutenue par une énergie bon marché grâce au gaz de schiste, offre d'importants débouchés à l'industrie française, mais constitue aussi une menace pour les secteurs les plus exposés à la concurrence, comme la chimie de base.

"Nous percevons la réindustrialisation à deux niveaux: il y a d'abord l'impact de l'activité de l'extraction du gaz de schiste et ensuite ses répercussions sur des secteurs comme la construction ou l'automobile, soit l'économie globale", a affirmé à l'AFP Marc Schuller, directeur général du groupe chimique Arkema, dont le chiffre d'affaires américain est passé de 25 à 34% depuis 2005 sur le total de ses ventes, soit plus de 2 milliards d'euros.

c'est à lire dans  CHALLENGES

lire aussi : Le gaz de schiste est-il un passage obligé pour la France ?

#GAZ DE SCHISTE : ALERTE INFO

Carte navacellesPar arrêté en date du 18 juin 2014, la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie et du ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique ont autorisé la mutation du permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux dit « Permis de Navacelles » au profit des sociétés eCorp France Ltd, Eagle Energy Ltd et Petrichor France BV, conjointes et solidaires (http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000029139721&dateTexte=&categorieLien=id )

Ce permis de 216 km2 a été initialement accordé le 1er mars 2010 aux sociétés eCorp France (anciennement Egdon Resources Ltd), Eagle Energy Ltd et Egdon Resources Avington.
Depuis mars 2011, Egdon Ressources UK Ltd souhaitait se retirer du permis de Navacelles au profit de Petrichor France BV, société de droit néerlandaise dirigée par une citoyenne américaine et filiale d’HEYCO’s pour laquelle une mutation a été demandée. (www.heycoenergy.com/content/operations/international/index)

En 2012, la société eCORP a créé eCORPSTIM dédiée au développement de technologies alternatives à la fracturation hydraulique, promoteur de la fracturation au propane et à l’heptafluoropropane chère au Ministre Arnaud Montebourg. PAR bastagazales

A été aussi publié l'arrêté du 18.6.2014 autorisant la mutation du PERH, dit « Permis de Saint-Griède », au profit de la société Gas2Grid Ltd