GAZ DE SCHISTE_Actus

#GAZ DE SCHISTE : spécial "le dessous des cartes"

LE DESSOUS DES CARTES SUR ARTE

De nombreux pays s’interrogent sur l’opportunité d’exploiter leurs ressources en gaz de schiste. Le Dessous des Cartes(ARTE) revient sur le cas des États-Unis, puis dresse un tableau de la situation mondiale, afin de mieux comprendre en quoi les gaz de schiste pourraient modifier la géographie de l’énergie et même jouer un rôle déterminant sur l’échiquier des grandes puissances. L’exploitation du gaz de schiste, un hydrocarbure non conventionnel, fait débat dans de nombreux pays. Dans ce premier volet, Le Dessous des Cartes s’interroge sur les techniques employées pour la production de cette source d’énergie, mais aussi sur les enjeux de son exploitation et sur son impact environnemental.

GAZ DE SCHISTE (1/2) - UNE ÉNERGIE ALTERNATIVE ?

GAZ DE SCHISTE (2/2) - UNE NOUVELLE GÉOGRAPHIE DE L’ÉNERGIE ?

Mon livre cité : "Les vrais dangers du gaz de schiste" par  Danièle Favari avec André Picot et Marc Durand

Présentation de l'ouvrage
Un ouvrage pédagogique et accessible signé par une spécialiste reconnue, qui pose les bases fondamentales pour comprendre l'enjeu du débat sur le gaz de schiste. Dans une première partie, l’auteure part de l'origine de cet "hydrocarbure à l'état gazeux" et explique, point par point, la composition, l'extraction, le contrôle de la fracturation hydraulique, les risques environnementaux... Une seconde partie élargit son analyse aux questions économiques, écologiques et politiques. Elle aborde ensuite, de manière simple, la nécessité d'une transition énergétique.

À propos de l'auteure
• Danièle Favari se consacre entièrement à la défense de l'environnement et des libertés individuelles avec un site dédié. Juriste de l'environnement et du droit européen de l'environnement, elle est membre experte de la think-tank La fabrique écologique et écrit des articles de presse pour le Huffington Post, Terraeco ou encore Slate.


RENDEZ VOUS AVEC FLEUR PELLERIN DU 20 JUIN 2014 :

J'ai demandé qu'il soit posé la question suivante à @fleurpellerin : rdv du 20 juin 2014 sur le TAFTA :
L'article 37 du mandat donné à la Commission européenne dispose clairement que "l'accord comprendra des dispositions concernant le commerce et les aspects liés à l'investissement de l'énergie et des matières premières. Les négociations devraient viser à assurer un environnement commercial ouvert, transparent et prévisible en matière d'énergie et à garantir un accès libre et durable aux matières premières" .... et aux ressources naturelles puisque le document "EU restricted" du 20 septembre 2013 qui a fuité sur le Huffington Post inclut le secteur énergétique ; les parties reconnaissant l'importance d'avoir une compétitivité internationale dans ce domaine.
L'article B, alinéa 2 dudit document détaille d'ailleurs les produits énergétiques comme étant : le charbon, le pétrole brut, le gaz naturel, les hydrocarbures liquides et gazeux (ceci incluant le gaz de schiste) l'électricité et les énergies renouvelables et l'article H précise l'accessibilité aux licences de prospection, exploitation et production des hydrocarbures (y/c méthane) on et offshore. Or, on le sait les USA ont réduit les restrictions qui existaient sur leurs exportations énergétiques et si la probable arrivée de leur pétrole et gaz de schiste nous dédouane des dégâts environnementaux causés, c'est par le régime de propriété clair qui prévaut pour acquérir des droits minéraux sur le sous-sol ; ceux-ci étant dévolus aux propriétaires de surface étatsuniens.
Il en est différemment en France où la mine est res-nullius ; cad la propriété de personne mais c'est à l'Etat d'en attribuer l'usage. Or, actuellement 61 permis octroyés sont "gelés" depuis la loi du 13 juillet 2011 ainsi que 88 demandes (Bulletin du BEPH d'avril 2014) dont on ignore s'il s'agit d'hydrocarbures conventionnels ou non-conventionnels (pétrole et gaz de schiste).
QUESTION :
Qu'en adviendra t-il après la signature (s'il y a) du traité (supérieur aux Droits fondamentaux et aux Principes généraux du droit communautaire) compte tenu du mécanisme de règlement des différends (RDIE) quand, par la Directive 94/22/CEE, les États membres jouissent de droits exclusifs sur les ressources en hydrocarbures situées sur leur territoire ?

Le #GAZDESCHISTE dans le "dessous des cartes" @Arte

LE DESSOUS DES CARTES SUR ARTE

De nombreux pays s’interrogent sur l’opportunité d’exploiter leurs ressources en gaz de schiste. Le Dessous des Cartes(ARTE) revient sur le cas des États-Unis, puis dresse un tableau de la situation mondiale, afin de mieux comprendre en quoi les gaz de schiste pourraient modifier la géographie de l’énergie et même jouer un rôle déterminant sur l’échiquier des grandes puissances.

L’exploitation du gaz de schiste, un hydrocarbure non conventionnel, fait débat dans de nombreux pays. Dans ce premier volet, Le Dessous des Cartes s’interroge sur les techniques employées pour la production de cette source d’énergie, mais aussi sur les enjeux de son exploitation et sur son impact environnemental.

GAZ DE SCHISTE 1/2 : UNE ENERGIE ALTERNATIVE

GAZ DE SCHISTE 2/2 : UNE NOUVELLE GEOGRAPHIE DE L'ENERGIE

Mon livre cité :  Les vrais dangers du gaz de schiste par  Danièle Favari avec André Picot et Marc Durand

Présentation de l'ouvrage : Un ouvrage pédagogique et accessible signé par une spécialiste reconnue, qui pose les bases fondamentales pour comprendre l'enjeu du débat sur le gaz de schiste. Dans une première partie, l’auteure part de l'origine de cet "hydrocarbure à l'état gazeux" et explique, point par point, la composition, l'extraction, le contrôle de la fracturation hydraulique, les risques environnementaux... Une seconde partie élargit son analyse aux questions économiques, écologiques et politiques. Elle aborde ensuite, de manière simple, la nécessité d'une transition énergétique.

À propos de l'auteure : • Danièle Favari se consacre entièrement à la défense de l'environnement et des libertés individuelles avec un site dédié. Juriste de l'environnement et du droit européen de l'environnement, elle est membre experte de la think-tank La fabrique écologique et écrit des articles de presse pour le Huffington Post, Terraeco ou encore Slate.

Un ancien de Mobil Oil: «Le gaz de schiste est pire que le charbon» et c'est Mediapart qui le dit.

Un ancien dirigeant du groupe pétrolier américain Mobil Oil explique son opposition radicale aux forages de gaz et d'huile de schiste. Il pointe les pollutions massives, l'impact important sur le climat, les ressources limitées et appelle à sortir des énergies fossiles.

Au temps de la guerre froide, on l’aurait qualifié de transfuge. Ancien vice-président exécutif du groupe pétrolier Mobil Oil, Louis Allstadt est devenu un opposant résolu à l’exploitation des gaz et des pétroles de schiste (voir par exemple ici cette audition publique). Aujourd’hui retraité, il a dirigé des opérations d’exploration et de production de l’entreprise après avoir été en charge de ses activités d’approvisionnement, de commerce et de transport pour le monde. Il a également supervisé, côté Mobil, la fusion de son entreprise avec la société Exxon – Exxon Mobil est aujourd’hui l’un des plus grands groupes mondiaux. Au total, Louis Allstadt a travaillé trente et un ans dans les ...

15 avril 2014 |  Par Jade Lindgaard

MAIS L'ARTICLE ( comme tous ceux de Mediapart) est réservé aux abonnés. J'attends donc qu'on me le transmette.

Gaz de schiste : ma question au Gouvernement

par Sabine Buis le 15 avril 2014

Ce mardi 15 avril, j’ai souhaité interroger Ségolène ROYAL, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, suite à la décision, le 12 mars dernier, du tribunal administratif de Melun d’annuler la décision par laquelle la Préfète de Seine-et-Marne avait donné acte à la société Zaza Energy, d’une déclaration de travaux miniers tendant à la réalisation d’un forage d’exploration pétrolière. Une décision qui constitue une première en France et confirme la portée de la loi du 13 juillet 2011 d’interdiction de la fracturation hydraulique.

Son intervention

Total abandonne la prospection de gaz de schiste en Pologne

Après l'Eni, Marathon Oil, Talisman Energy et Exxon Mobil, c'est au tour de Total d'abandonner la prospection de gaz de schiste en Pologne. Le pétrolier français n'a pas demandé à renouveler la licence de prospection qui expirait début avril.

Logo total

Le géant pétrolier français Total a abandonné la prospection de gaz de schiste en Pologne. Mikusek. "Total avait un permis d'exploitation dans l'est de la Pologne, près de Chelm, qui a expiré le 1er avril", a déclaré Pawel Mikusek, porte-parole du ministère de l'Environnement. "Ils ne l'ont pas renouvelé" a-t-il encore expliqué.

C'EST VRAI ET C'EST A LIRE DANS LES ECHOS

ET LE MONDE EN RAJOUTE UNE "COUCHE"

Le groupe Total a abandonné le forage de gaz de schiste en Pologne. Comme d'autres avant lui, le géant pétrolier français n'a pas demandé la reconduction de la licence de prospection dont il disposait da ce pays.

« Il s'agit de l'unique champ de prospection dont disposait Total en Pologne, où il coopérait avec Chevron. La licence de prospection a expiré le 1er avril », a indiqué le gouvernement polonais.

« Nous avons décidé de ne pas renouveler notre concession de Chelm après examen des données géologiques existantes », a expliqué un porte-parole de Total. « Nous estimons que le potentiel de la zone ne nous permet pas de lancer un projet économiquement viable, bien que du gaz ait été découvert dans le puits », foré dès décembre 2010.  Cette décision ne signifie toutefois pas que le géant français abandonne la Pologne, même s'il ne dispose plus de projets, a-t-il ajouté. 

ET C'est ici

Gaz de schiste : "La fracturation propre est un leurre total"

gaz-de-schiste-ce-n-est-pas-fini.jpgComme dans le film "No Gazaran" présenté au Sémaphore à Nîmes (Gard), Jean-Pierre Forster dénonce la fracturation dite propre du gaz.

Après l’abrogation par le gouvernement Sarkozy des permis d’exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique, quelles sont vos craintes exprimées en qualité de porte-parole du collectif Nîmes Antischiste concernant le département du Gard ?

On s’attend à ce qu’il y ait une nouvelle offensive une fois les élections passées. Il n’y a pas de cohésion au sein du gouvernement socialiste. Hollande a dit qu’il maintiendra l’interdiction en absence de solution écologique et dernièrement Montebourg nous a sorti du chapeau la fracturation dite propre avec du propane.

Qu’est ce que cela peut changer ?

C’est un leurre total car le vrai problème c’est la fracturation. Une fois l’exploitation terminée, on rebouche le canal de forage mais on laisse l’immense réseau de fissures verticales ou horizontales en l’état. Selon la géologie le gaz va remonter et polluer le sol, donc toute activité humaine mais aussi l’atmosphère avec un gaz, le méthane, 25 fois plus actif sur l’effet de serre que le CO2.

Vous maintenez que c’est une solution sans avenir ?

Pour plusieurs raisons. L’étendue des ressources a été surévaluée. Des experts nommés par Nicolas Sarkozy préconisent de diviser celle-ci par dix. Le mode production américain n’est pas imposable en France avec des densités de population qui rendrait le coût de l’exploitation plus cher et réduirait à néant son intérêt pour l’économie des entreprises.

En terme d’emploi qu’en serait-il ?

Aux États-Unis la moyenne est de 1,2 emploi crée par puits. Si on considère le nombre d’emplois détruit en terme d’agriculture ou de tourisme sans compter les effets de la pollution on arrive, au bout des cinq ans d’existence d’un puits, à un déficit d’emploi.

Existe-t-il cependant un intérêt économique pour les communes ?

Le code minier actuel ne laisse que peu de revenus aux communes. Ensuite l’État français a baissé les droits de taxation sur le gaz de 30 % à 5 %. Par contre elles auront à charge la réalisation et l’entretien de la voirie.

Quelle solution préconisez-vous ?

L’abandon total des permis d’exploitation pour qu’enfin le développement d’un mix énergétique basé sur l’éolien, le solaire, l’hydraulique puisse être engagé. Notre motivation contre l’exploitation des gaz de schiste reste intacte et notre mot d’ordre demeure : Ni ici, ni ailleurs, ni maintenant, ni jamais.

Avec la bande annonce du film "NO GAZARAN"

Le gaz de schiste au cœur du sommet UE-USA

L’approvisionnement de l'Europe en gaz de schiste s’est invité à la table des discussions lors de la visite de Barack Obama à Bruxelles. Le sommet entre Barack Obama, Manuel Barroso et Herman van Rampuy a été placé sous le signe de la diplomatie de l'énergie. Le chef de la Maison blanche a consacré un déjeuner de travail de 75 minutes avec les dirigeants européens à la sécurité énergétique, aux changements climatiques et bien sûr à la crise ukrainienne. La question des exportations de gaz naturel américain vers l'Europe était au cœur du débat alors que l'UE, qui importe 40% de son gaz naturel de Russie via l'Ukraine, cherche à réduire sa dépendance. A l'issue d'un sommet su 21 mars consacré en partie à la question, la chancelière allemande Angela Merkel avait déjà appelé Washington à lever les restrictions pesant sur les exportations de gaz.

Barroso obamaLe gaz américain, enjeu des négociations du TTIP ?

Cet assouplissement pourrait s'inscrire dans le cadre du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP, en anglais), l'ambitieux accord de libre-échange en cours de négociations entre les Etats-Unis et l'UE. Les promoteurs du TTIP assurent qu'un tel accord aurait un effet très bénéfique sur l'activité économique et l'emploi des deux côtés de l'Atlantique, mais celui-ci n'en suscite pas moins de nombreuses réticences.  Les révélations sur l'espionnage de la National Security Agency (NSA) en Europe et les soupçons selon lesquels un tel pacte profiterait essentiellement aux grandes entreprises multinationales ont ainsi freiné les négociations.  Mercredi, une cinquantaine de personnes ont manifesté devant le Parlement européen pour dire « non aux OGM » et dénoncer une complaisance des autorités américaines envers les organismes génétiquement modifiés. « Ce qui est en jeu, c'est la sécurité de notre alimentation et de notre environnement », a résumé le député européen Philippe Lambert, un élu belge du Parti vert européen. Le TTIP se heurte à d'autres réticences, comme le risque de pertes d'emploi et de nivellement par le bas des conditions de travail - une crainte exprimée par les syndicats - ou la difficulté de lever des droits de douane qui coûtent chaque année des milliards d'euros aux sociétés américaines et européennes, constructeurs automobiles en tête. Pour tenter de surmonter ces obstacles, Barack Obama, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, devraient s'engager à lever tous les droits de douane sur le commerce bilatéral.

Derrière le gaz, le pétrole non conventionnel

Lors de la conférence de presse suivant le déjeuner, Barack Obama et Manuel Barroso ont insisté sur le gaz de schiste, et sur les possibilités pour l'Europe d'avoir recours au gaz américain. Une hypothèse qui reste très théorique, tant les équipements sont à la traîne. e transport de gaz dans des volumes importants suppose de le liquéfier, et de disposer de terminaux au départ comme à l'arrivée qui puissent traiter le gaz. Alors même que le président américain prêchait la bonne parole aux journalistes européens réunis à Bruxelles, l'Energy Information Agency a publié les dernières statistiques portant sur le pétrole non conventionnel. Selon ses statistiques, un baril de pétrole sur 10 produits dans le monde au dernier trimestre 2013 provenait des Etats-Unis. Un signe d'indépendance énergétique qui est aussi synonyme de puissance.

 Un sommet en 33 sujets : Les deux parties ont publié, mercedi 26 mars dans l'après midi, une déclaration commune portant sur 33 sujets, abordant l'idée d'exportation de gaz de schiste des Etats-Unis vers l'Europe. Mais aussi beaucoup d'autres thèmes, dont l'Ukraine, le climat- sur lequel aucun progrès n'a été fait-, l'Iran, la Corée du Nord et la protection des données.

Euractiv.fr avec Reuters

Exportations de gaz de schiste : les États-Unis ouvrent les vannes

Cameron LNG est le sixième projet de terminal à recevoir une autorisation complète d’exportation de gaz de schiste américain délivrée par l’administration américaine. (photo : DR)

Le marinLe ministère américain de l’Énergie a donné son complet feu vert à l’exportation de gaz de schiste liquéfié au consortium Sempra Energy, GDF Suez, Mitsubishi et Mitsui, créé en 2013 pour le projet de terminal de liquéfaction de Cameron LNG, en Louisiane.

Plus précisément, les autorités américaines ont étendu l’autorisation antérieure d’exportation aux pays ayant un accord de libre-échange avec les États-Unis aux pays ne bénéficiant pas d’un tel accord. Cela concerne les pays d’Europe et d’Asie, qui sont les premiers importateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié.

Une décision saluée par Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez présent à hauteur de 16,6 % dans le projet Cameron LNG : "Cela ouvre de nouveaux horizons pour la production de gaz américaine et renforcera la position du groupe sur le marché mondial de GNL."

Cameron LNG est la sixième autorisation complète d’exportation de gaz de schiste américain délivrée par l’administration américaine. Soit un volume total de liquéfaction de 240 millions de m3 par jour.

Comme les autres sites, Cameron LNG est d’abord un terminal d’importation que la révolution des gaz de schiste a conduit à se tourner vers l’exportation. Le projet comprend trois trains de liquéfaction pour une production totale de 12 millions de tonnes par an.

Ne reste plus que l’étude d’impact environnemental dont les résultats doivent tomber d’ici quelques semaines pour que la décision finale d’investissement soit prise. Soit 6 à 7 milliards d’euros en jeu et une mise en service prévue en 2018. PAR LE MARIN

Gaz de schiste : que sait-on vraiment du Fluoropropane ?

SOLUTION MIRACLE ? L'utilisation de ce gaz est envisagée pour remplacer la décriée fracturation hydraulique.

C'est une certitude martelée à maintes reprises par François Hollande : pour trouver du gaz de schiste, on ne mettra pas de l'eau dans le sol. Du gaz, en revanche... Selon le Canard enchaîné, Arnaud Montebourg aurait réuni en toute discrétion une équipe chargée d'étudier un nouveau moyen d'extraire le gaz, controversé, mais susceptible de rapporter gros. L'idée ? Insérer du fluoropropane dans le sol, pour en extraire (proprement, en théorie) ses richesses profondes. Du "fluoro..." quoi ?  >> Europe1.fr a tenté d'en savoir plus sur l'état des connaissances scientifiques, et industrielles, au sujet de ce gaz méconnu mais déjà attendu au tournant.

Fluoropropane, qui est-tu ? Même s'il a rarement fait la Une des journaux avant celle du Canard enchaîné, le fluoropropane n’est pourtant pas un petit nouveau. Il était même jusque là bien connu des… fabricants d'extincteurs et d'inhalateurs pour asthmatiques."Le fluoropropane est un gaz dérivé du propane. Le propane est composé de trois atomes de carbone et huit d'hydrogène. Si vous remplacez sept des huit atomes d'hydrogène par des atomes de fluores, vous obtenez du fluoropropane", professe pour Europe1.fr François Kalaydjian, directeur adjoint ressource à l'IFP énergie nouvelle, l'organisme public de recherche sur l'énergie.

En quoi serait-il mieux que la fracturation hydraulique ? La très décriée fracturation hydraulique, cette technique d'extraction du gaz de schiste, consiste à injecter de l'eau et des produits chimiques dans le sol, pour le fissurer et extraire le gaz. Or, avec le fluoropropane, pas besoin de produits chimiques. "Il est utilisé sans eau ni additifs et le fluide de fracturation peut être récupéré quasi intégralement, sous forme gazeuse", explique un rapport parlementaire sur les "techniques alternatives à la fracturation hydraulique", publié en novembre dernier.

Cette vertu est d'ailleurs partagée avec le propane, déjà utilisé aux Etats-Unis. Mais, contrairement à ce dernier, le fluoropropane n'est pas inflammable. Et il ne nécessite donc pas des millions d'euros d'investissements pour le sécuriser. Est-il prêt à être utilisé ? En réalité, tout ce que l'on sait sur la possibilité d'extraire du gaz de schiste grâce à ce gaz vient d'une seule société : l'Anglaise ECorp. "À notre connaissance, c'est la seule société qui explore cette piste. Elle va d'ailleurs probablement déposer des brevets", confie ainsi l'Union française des industries pétrolières (Ufip), contactée par Europe1.fr. Néanmoins selon l'Ufip, il reste encore du travail avant de pouvoir l'utiliser. "On en est au stade de la recherche et du développement, à la toute première étape", estime l'organisation.

Mais, reconnait l'Ufip, "les recherches en la matière peuvent avancer très vite". Pour le sénateur UMP Jean-Claude Lenoir, co-auteur du rapport sur les "techniques alternatives à la fracturation hydraulique", contacté par Europe1.fr, ECorp est même déjà très avancée. "Ça commence à être opérationnel. ECorp l'utilise pour exploiter des puits aux Etats-Unis. Cela reste de l'expérimentation, mais à grandeur réelle. Plusieurs puits ont été stimulés avec", assure le parlementaire, en contact avec la société anglaise.

Le hic : le coût. Le fluoropropane n'est pas non plus sans défaut. Et si les industries pétrolières, à l'exception d'ECorp, rechignent à investir dedans, c'est qu'il coûte cher à produire. "Le fluoropropane résulte d'une synthèse, il demande un effort supplémentaire par rapport au propane, c'est pour cela qu'il est plus cher", décrypte François Kalaydjian. "La faisabilité économique reste à prouver. Au sujet du coût de fabrication, on ne sait rien", reconnait-on également à l'Ufip.

Mais j'imagine qu'il est recyclable, comme le propane. Le propane est presque 100% recyclable : il y a donc des coûts au départ mais beaucoup moins après", nuance toutefois François Kalaydjian. Un avis partagé par le sénateur Jean-Claude Lenoir. "Toute la clé sera d'éviter les fuites et de récupérer le gaz. Nous manquons de recul et il faut rester vigilant mais cela peut être un substitut intéressant à la fracturation hydraulique", insiste le parlementaire.

Un danger pour l'environnement ? L'autre critique formulée autour du fluoropropane vient des associations environnementales. "Quelle que soit la technique utilisée, il est aberrant de se lancer dans l'exploitation d'une nouvelle ressource ­fossile", lançait ainsi Greenpeace en janvier, après les révélations du Canard enchaîné. Et pour cause : le fluoropropane est lui même un gaz. Et relâché dans l'atmosphère, il entraîne des effets de serre. "Le gaz de schiste dit "écolo" ou "propre", etc., restera une chimère au moins dans le sens où toute combustion de source d'énergie carbonée génère des émissions de gaz à effet de serre", écrit ainsi le journaliste spécialisé Matthieu Auzanneau, dans le blog du Monde Oil Man.

Un avis que nuancent toutefois certains spécialistes. "Le fluoropropane rejette des gaz à effets de serre, certes, mais seulement s'il y a un accident. S'il est bien encadré, dans de bonnes infrastructures, il ne devrait rien rejeter puisqu'il est censé être recyclé. De plus, il n'est pas toxique et dangereux pour l'homme", estime ainsi François Kalaydjian, d'IFP énergie nouvelle.

Total sur le coup ? Le géant pétrolier tricolore est partenaire de la société ECorp. Total possède en effet 40% de deux permis d'exploitation de gaz de schiste avec la société anglaise. Mais cela ne veut pas dire qu'elle partagera quoi que ce soit au sujet du fluoropropane. "On ignore si Total est en partenariat au sujet de cette technologie. ECorp sécurise probablement sa propriété industrielle", avance pour sa part l'Ufip.

"Total, à ma connaissance, n'a pas accès à cette technologie sur le fluoropropane", poursuit également le sénateur Jean-Claude Lenoir. "Mais ils ont, selon ce que j'ai appris après des conversations informelles avec les dirigeants, une relation très étroite en matière de technologie en général", assure-t-il toutefois.

Par Gaétan Supertino  Publié le 17 février 2014 à 06h50 Mis à jour le 17 février 2014 à 06h55