GAZ DE SCHISTE_actus du 21 décembre 2014

De l’eau dans le gaz de schiste

1234 kazanevskyA l’heure où l’Europe veut réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, la France ne semble pas prête à revenir sur l’interdiction de la fracturation hydraulique. Le sous-sol de la Ville lumière abriterait un véritable trésor. Si les prévisions disent vrai, la France est assise sur l’une des plus grosses réserves de gaz de schiste d’Europe de l’Ouest, un gisement qui suffirait à approvisionner le pays en énergie pendant des dizaines d’années, voire les pays voisins. Les entreprises françaises comme Total affirment déjà bénéficier du savoir-faire nécessaire pour mener à bien les travaux de fracture hydraulique nécessaires à l’extraction de ce gaz naturel. [...] Pour lire la totalité de l'article, abonnez vous à Courrier International
Gaz de schiste : "Je ne suis toujours pas favorable à des expérimentations", dit sur  (16 décembre 2014)
18.12.2014
Permis de recherches d'hydrocarbures (gaz de schiste) dans les Parcs naturels régionaux Luberon et Alpilles : la ministre de l'Ecologie vient de signer officiellement l’arrêté de rejet de la demande

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, vient d’adresser un courrier (ci-joint) à Jean-Louis Joseph, Président du Parc naturel régional du Luberon et de la Fédération des Parcs naturels régionaux, confirmant le rejet définitif de la demande de permis de recherches d’hydrocarbures conventionnels et non conventionnels présenté par la société Thetys Oil France AB dans les Parcs naturels régionaux Luberon et Alpilles. 


Ségolène Royal indique : « j’ai signé ce jour l’arrêté de rejet de la demande de permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures dit "Permis Calavon" ».  Jean-Louis Joseph se réjouit de cette nouvelle étape décisive pour la protection des territoires protégés Luberon et Alpilles et remercie Ségolène Royal de ce refus.  L’arrêté de rejet entrera pleinement en application après sa signature par Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. Cette décision est le résultat de la mobilisation des élus, associations et habitants du Parc du Luberon et du Parc des Alpilles en octobre 2014, qui, en rejetant massivement le « Permis de Calavon », ont exprimé la volonté et les attentes de leurs territoires pour l’avenir, pour une vraie transition énergétique et la croissance verte. 

L’état de New York interdit la fracturation

Le gouverneur de l’Etat de New York, Andrew  Cuomo, vient d’interdire la fracturation hydraulique. Cette décision met fin au débat sur l’exploitation du gaz de schiste dans la région, rapporte le New York Times le 18 décembre. Les risques sanitaires pour l’eau sont les principaux motifs de cette interdiction. Les autorités estiment que la fracturation comporte un trop grand risque de pollution des réserves d’eau. « Personne ne m’a jamais dit qu’il croyait que la fracturation est géniale », affirme le gouverneur Andrew Cuomo. Avant de poursuivre, « ils disent plutôt qu’il n’ont pas d’autres options que de fracturer. » Certaines régions de l’Etat de New York attendaient le feu vert des autorités pour lancer leurs forages de gaz de schiste. Conséquence inattendue de cette mesure, et pour limiter le mécontentement dans certains endroits de l’Etat, le gouverneur vient d’autoriser la création de 3 casinos. 

Gaz de schiste : New York dit non au fracking 

Pas de fracking à New York. L'équipe du gouverneur Andrew Cuomo a annoncé sa décision le 17 décembre : "Nous sommes inquiets des risques pour la santé de nos concitoyens." Voici l'argument qui a clos des années de débat sur l'opportunité d'employer la fracturation hydraulique afin d'extraire les gaz de schiste, relate The New York Times.  Le développement d'une industrie liée au fracking avait été présenté comme une source de renouveau économique pour les régions sinistrées proches de la Pennsylvanie, plus à l'ouest, rappelle le quotidien new-yorkais. Mais les arguments sur les risques de pollution de l'air et des nappes phréatiques l'ont emporté. "Nous ne pouvons pas nous permettre de faire une erreur", a commenté le Dr Howard Zucker, commissaire en charge des questions de santé pour l'Etat de New York. "Les risques sont très importants, et ils ne sont même pas tous connus." Par ailleurs, des douzaines de collectivités autour de la ville de New York avaient déjà passé des moratoires et des interdictions sur le fracking, et la Cour d'appel de l'Etat avait confirmé en juin que ces villes pouvaient appliquer un zonage afin de bannir cette méthode d'extraction. Compliquant la tache pour de futurs forages.

Héros des écolos : 

La fracturation hydraulique, qui consiste à injecter de l'eau sous pression, du sable et des agents chimiques dans la roche pour la fracturer, était déjà interdite par un moratoire vieux de six ans, et cette décision maintient l'interdiction pour sept années supplémentaires, précise le sitePolitico.  New York est le deuxième Etat américain à bannir la fracturation hydraulique, après le Vermont en 2012, précise le magazine Mother JonesMais autant cette décision était symbolique au Vermont, qui ne possède pas de gisement d'envergure, autant elle résonne à New York, qui renonce ainsi à l'exploitation d'une portion importante du bassin de Marcellus, qui abrite du gaz naturel et des condensats. Quoi qu'il en soit, pour les écologistes locaux, le gouverneur est désormais un héros, indique le New York Times. Un héros qui même s'il s'est défendu d'être un scientifique (se dédouanant ainsi d'émettre un avis éclairé sur le climat) a affirmé mercredi : "Je crois que l'activité humaine est un facteur du changement climatique. A quel degré ? Je l'ignore."

Pétrole de schiste : la face cachée du miracle américain

L’industrie est peu réglementée et encore très morcelée. Il n’est pas besoin de faire des kilomètres pour apercevoir des puits de gaz à Dallas : ils se découvrent dès l’arrivée à l’aéroport. La concentration est l’une des plus fortes du pays. Elle devient même proche de l’insupportable à certains endroits : dans le comté de Johnson, à une demi-heure au sud de Fort Worth, ce sont 99,5 % des habitants qui vivent aux alentours d’un puits (moins de 1,5 kilomètre).

L'industrie pétrolière en 2064, vue par Jean-Louis Schilansky

Louis Schilansky, président de l’UFIP (Union Française de l’Industrie pétrolière) s’est prêté à un audacieux exercice de futurologie pour imaginer ce que sera le pétrole et l’industrie pétrolière dans 50 ans. Morceaux choisis : EN 2064, LE PÉTROLE, TOUJOURS LÀ?  "Oui, le pétrole sera là. La demande d’énergie mondiale va continuer à croître : +30 % en 2035 nous dit l’Agence Internationale de l’Energie. La part du pétrole va diminuer en raison de la lutte contre le réchauffement climatique et de la progression des renouvelables… Mais, en 2040, la quantité absolue de pétrole consommée dans le monde sera plus importante qu’aujourd’hui"

OUI, mais d'ici là :

Le pétrole sera bientôt une énergie renouvelable !

Schiste : victoire citoyenne sur les gazières !

Le constat est sans équivoque : il n’est « pas démontré que l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans les basses terres du Saint-Laurent, avec la technique de fracturation hydraulique, seraient avantageuses pour le Québec en raison de l’ampleur des coûts et des externalités potentiels par rapport aux redevances qui seraient perçues par le Québec » C’est la conclusion à laquelle arrive le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) du Québec dans son rapport publié lundi. Selon le BAPE, cette exploitation n’est pas envisageable dans « un milieu aussi peuplé et aussi sensible que les basses terres du Saint-Laurent » et également en raison « des incertitudes qui subsistent quant aux impacts potentiels sur la qualité de l’eau des aquifères et à la capacité de l’industrie de préserver l’intégrité des puits à très long terme […] ». Le rapport du BAPE démontre toute l’importance d’évaluations scientifiques indépendantes des projets énergétiques, soit exactement le contraire de ce qu’on voit au fédéral avec le gouvernement Harper qui a charcuté les protections environnementales et muselé les scientifiques. Le BAPE démontre également qu’il faut tourner le dos aux formes d’énergies extrêmes, comme le gaz de schiste ou le pétrole des sables bitumineux dont les impacts sont encore plus importants que les hydrocarbures dits « conventionnels ».  Des fleurs pour les citoyens, l’AQLPA et pour les scientifiques

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Sables bitumineux : l’Europe sous influence des lobbys pétroliers

Alors que les négociations battent leur plein au niveau international pour aboutir, l’année prochaine à Paris, à un accord mondial sur la lutte contre le dérèglement climatique, les lobbys continuent de favoriser l’utilisation en Europe de pétrole issu des sables bitumineux. Le Parlement européen s’était par le passé opposé à de nombreuses reprises au pétrole issu de sables bitumineux ; en effet, ce dernier libère plus que tout autre des gaz à effet de serre lors de son extraction, et pollue plus que le forage traditionnel. L’exploitation des réserves pétrolières extraites des sables bitumineux dans la seule Amérique du Nord pourrait faire grimper les niveaux mondiaux de CO2 atmosphérique de 15 %. « La révision de la directive sur la qualité des carburants menace de renforcer les parts de marché du pétrole issu de sables bitumineux, incitant de facto à en augmenter la production. Nous nous sommes fermement opposés à son adoption et nous condamnons le vote favorable du Parlement européen. Dans les négociations commerciales en cours et à venir, nous ne transigerons pas sur les normes écologiques européennes : la lutte contre le dérèglement climatique, c’est partout et tout le temps ! Nous déplorons qu’une majorité conservatrice ait soutenu la Commission dans son manque de courage politique, alors que les conséquences sur le climat seront catastrophiques si l’Union européenne ne prend pas les mesures nécessaires pour réduire les émissions polluantes des transports » soulignent Guillaume Balas et Gilles Pargneaux, membres de la commission de l’environnement, etChristine Revault d’Allonnes- Bonnefoy, membre de la commission des transports.

BP démarre son exploitation des sables bitumineux du Canada

Le géant pétrolier britannique BP a annoncé vendredi avoir démarré ses opérations d'exploitation de sables bitumineux au Canada, un gigantesque projet d'au moins trois milliards de dollars qui a suscité la colère des défenseurs de l'environnement.  BP a expliqué dans un communiqué que les opérations d'émission de vapeur avaient débuté en Alberta (ouest du Canada) sur le projet Sunrise qu'il détient conjointement avec son partenaire canadien Husky Energy, l'exploitant du site.  Sunrise voit la mise en oeuvre de la vapoextraction, une technologie consistant à chauffer les couches souterraines de bitume de manière suffisante pour qu'il puisse couler, a expliqué BP dans un communiqué, ajoutant que la production de pétrole stricto sensu débuterait au premier trimestre 2015. Il s'agit d'une première phase consistant à lancer une production qui pourrait atteindre 60.000 barils équivalents pétrole (bep) par jour d'ici 18 à 24 mois. Cette seule première phase a nécessité un investissement total de 3,2 milliards de dollars des deux partenaires, d'après des données communiquées en octobre par Husky Energy. Mais la dégringolade de près de 50% des prix du pétrole depuis le mois de juin rend désormais l'exploitation d'or noir tiré de sables bitumineux peu rentable car ce pétrole est plus cher à extraire.  Deux phases sont encore prévues, sans calendrier pour l'instant, avec une production totale visée de 200.000 bep par jour pour l'ensemble de Sunrise.  Ce projet est exploité à 60 km au nord-est de Fort McMurray, où les réserves pourraient être suffisantes pour permettre une production pendant plus de 40 ans. La participation de BP dans ce projet avait suscité la colère des défenseurs de l'environnement, après l'explosion de sa plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique aux Etats-Unis en avril 2010 qui a provoqué une gigantesque marée noire.  Les gisements de sables bitumineux de l'Alberta représentent la troisième réserve de brut du monde et une source de richesses et d'emplois pour le Canada pendant plusieurs décennies. Mais leur exploitation à ciel ouvert défigure de vastes terrains et les Amérindiens vivant dans les régions concernées, soutenus par des organisations écologistes, ont dénoncé l'apparition de substances toxiques dans le sol et les eaux.  Le transport du pétrole pompé a entraîné aussi des protestations, cristallisées autour de la construction de l'oléoduc Keystone XL, qui doit permettre d'acheminer du brut depuis l'Alberta jusqu'aux raffineries américaines du Golfe du Mexique via un trajet de 1.900 km.  Ce dernier projet, déposé par la société TransCanada, attend depuis plusieurs années un feu vert de l'administration Obama, malgré le soutien fervent du gouvernement canadien.(©AFP / 12 décembre 2014 11h37)