GAZ DE SCHISTE_ACTUS du 6 janvier au 3 février 2015

Chevron arrête d'explorer le gaz de schiste en Pologne :  Le groupe pétrolier américain Chevron a annoncé lundi qu'il stoppait l'exploration de gaz de schiste en Pologne dans le cadre de ses réductions d'investissements face à la chute des prix du pétrole, qui affecte sa rentabilité. La filiale polonaise de Chevron, Chevron Polska Energy Resources, a décidé d'interrompre ses activités de gaz de schiste en Pologne, a confirmé lundi la major pétrolière par courriel à l'AFP.  Cette décision est due, selon le groupe, au fait qu'il a dû faire des choix entre les différents projets figurant dans son portefeuille. Il estime notamment que les opérations polonaises sont moins lucratives que d'autres projets.  L'an dernier, les recherches en Pologne ont été abandonnées par le français Total et l'Italien Eni. D'autres géants, tels Exxon, Talisman et Marathon Oil, l'avaient fait encore plus tôt.

Les prospections sont poursuivies par une quinzaine de groupes dont ConocoPhillips, Wisent Oil&Gas, Stena et les polonais PGNiG, PKN Orlen et Lotos. Vendredi, Chevron, qui est le deuxième groupe énergétique américain, avait annoncé qu'il n'investirait que 35 milliards de dollars dans ses projets d'exploration pétrolière en 2015, soit une baisse de 13% par rapport à 2014, et privilégierait les projets qui offrent les opportunités les plus lucratives.Le plongeon des prix du brut a fait reculer de 10,2% à 19,24 milliards de dollars le bénéfice net de Chevron l'an dernier. L'impact a été beaucoup plus important au quatrième trimestre, avec une chute du bénéfice net de 29,6% à 3,5 milliards de dollars. Outre des économies, le groupe a également suspendu tout programme de rachat d'actions.

Soucieuse de garantir son indépendance énergétique, la Pologne, largement dépendante du gaz russe, a misé beaucoup sur le gaz de schiste dont les réserves dans ce pays sont évaluées à entre 800 et 2.000 milliards de m3. Varsovie a prévu d'investir dans ce domaine 12,5 milliards d'euros d'ici à 2020.

Une soixantaine de forages ont jusqu'à présent été réalisés et une première extraction, à titre expérimental, avait été lancée en juillet 2013. Pour décider de la rentabilité de l'exploitation commerciale, il faudrait quelque 350 forages. La Pologne, un pays de 38 millions d'habitants et la première économie d'Europe centrale et orientale, consomme actuellement 15 milliards de m3 de gaz par an, dont deux tiers sont importés, principalement de Russie. La crise ukrainienne a intensifié le débat sur la dépendance au gaz russe. Cependant, 91% de l'électricité en Pologne est actuellement produite à partir de la houille et du lignite, dont les réserves pourraient couvrir les besoins du pays pendant 150 ans, selon les estimations. (©AFP / 02 février 2015 17h35)  

Gaz de schiste : les industriels s’unissent pour combattre le blocage français

François Hollande a beau avoir dit et répété son opposition au gaz de schiste, les industriels français spécialistes de cette filière ne désarment pas. Ils espèrent toujours lever le verrou qui bloque l’exploitation de ce type d’énergie dans l’Hexagone. Et pour faire mieux entendre leur voix, ils ont décidé de créer une structure spécifique, le Centre Hydrocarbures Non Conventionnels (CHNC).

Ce nouveau centre sera présenté officiellement le 10 février. Il sera présidé par Jean-Louis Schilansky, un ingénieur des mines, ancien d’ExxonMobil. Il était jusqu’en décembre 2014 le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). LIRE LA SUITE, C'EST IMPORTANT

Total repousse son exploration au Danemark, un délai purement technique qui ne remet pas en question le projet, a-t-on appris lundi auprès du géant pétrolier français.

En raison d'un délai dans la mise en place de l'installation du puits, l'exploration commencera au printemps 2015, a expliqué le groupe dans une déclaration par courriel. Et si ce test s'avère concluant, Total demandera ensuite une autorisation pour procéder au test de production avec la technique de fracturation hydraulique. Mais cette étape n'interviendra vraisemblablement pas avant 2016, précise-t-il.
Total a annoncé en juillet avoir obtenu l'autorisation de creuser un puits d'exploration au Danemark. Les premiers forages, sur une zone située dans le nord du pays et d'une superficie d'environ 3.000 km2, étaient censés commencer en décembre ou janvier.
Le gaz de schiste est une forme d'hydrocarbures non conventionnel, dont l'exploitation nécessite l'usage de la technique controversée de la fracturation hydraulique.
Le Danemark, au même titre que la Pologne, le Royaume-Uni ou la Roumanie, fait partie de ceux qui sont favorables à l'exploitation de cette ressource. En Europe, Total possède 40% dans deux permis d'exploration et de production de gaz de schiste au Royaume Uni, et a également des intérêts dans des projets dans le non conventionnel aux Etats-Unis, en Chine, en Australie et en Argentine. (©AFP / 02 février 2015 19h22)  

Repsol tourne la page des recherches d'hydrocarbures au large des Canaries

Repsol a mis vendredi un terme à la recherche d'hydrocarbures au large des l'archipel espagnol des Canaries, une nouvelle accueillie avec soulagement par les écologistes mais pas par le gouvernement, qui cherche à réduire la dépendance énergétique de l'Espagne.Le groupe pétrolier a annoncé n'avoir détecté qu'une présence insuffisante de gaz et de pétrole dans des eaux profondes, à une cinquantaine de kilomètres des îles Lanzarote et Fuerteventura, réputées pour leurs paysages volcaniques et leurs plages. La qualité et les volumes des échantillons obtenus ne sont pas suffisants pour envisager un possible forage, a-t-il fait savoir. Les dépôts découverts sont saturés d'eau et les hydrocarbures présents sont disposés en couches très fines non-exploitables, explique Repsol. Par conséquent le groupe ne procédera pas à d'autres sondages dans la zone et renvoie le bateau utilisé pour ces recherches en Angola, où il procède à d'autres campagnes d'exploration.

 Repsol, en passe d'avaler son concurrent canadien Talisman Energy, cherchait des hydrocarbures depuis la mi-novembre au large des îles touristiques des Canaries, face aux côtes africaines. Avant de procéder au premier sondage jusqu'à 3.000 mètres de profondeur en mer, il estimait à entre 17 et 19% ses chances de tomber sur un gisement. Ce projet vieux de plus de dix ans avait provoqué l'ire des écologistes et des élus locaux, inquiets des conséquences pour l'environnement et pour le tourisme, principale activité économique de la région qui en 2013, a accueilli près de 10,5 millions de visiteurs.La puissante association Greenpeace a encore dénoncé vendredi les travaux menés par Repsol. Elle exige que la multinationale et le gouvernement évaluent l'impact de leurs opérations et la manière dont elles ont affecté la faune et la flore de la zone, évoquant les risques d'une pollution acoustique et chimique, dans une zone qui accueille selon elle une trentaine d'espèces de cétacés et six espèces de tortues marines.  Greenpeace avait envoyé en novembre son navire Arctic Sunrise dans la zone pour dénoncer les prospections mais il avait été mis sous séquestre par les autorités. Pour l'association espagnole Ecologistes en action, le gouvernement doit à présent revenir sur les autres permis d'exploration pétrolière accordés au large des régions côtières et de l'archipel des Baléares, en Méditerranée.

- Mauvaise nouvelle pour Madrid : La nouvelle constitue un revers pour le gouvernement, qui soutenait les projets de Repsol. C'est une très mauvaise nouvelle pour les Canaries et pour l'Espagne, a réagi à la radio Onda Cero le numéro deux du ministère de l'Industrie, Enrique Hernandez Bento. Madrid avait donné son feu vert à la société pour procéder à trois sondages dans la zone. Il avait ensuite fait bloquer par le tribunal constitutionnel un référendum que voulait organiser le président des Canaries Paulino Rivero, opposé à l'exploitation pétrolière. Ce dernier s'est empressé de saluer la nouvelle, estimant que l'échec de Repsol est le succès de toutes les Canaries. Madrid comptait sur la découverte d'hydrocarbures pour réduire la grande dépendance énergétique du pays. L'Espagne importe actuellement environ 80% de son énergie. Repsol de son côté faisait miroiter les importants investissements prévus pour les sondages pétroliers --280 millions d'euros-- et des créations d'emplois. Cette question est sensible dans les sept îles des Canaries, où le taux de chômage dépasse les 30%, contre près de 24% pour l'ensemble du pays.

Pour autant, ces arguments n'avaient pas convaincu la population. Les trois-quart des habitants de l'archipel étaient opposés aux prospections pétrolières, selon une étude réalisée en novembre par le gouvernement régional. Le groupe pétrolier espagnol va se concentrer dans les prochains mois sur l'acquisition en cours du canadien Talisman Energy, qui lui permettra selon lui d'entrer dans la cour des quinze plus grands. Repsol, sorti d'Argentine en 2014, entend ainsi renforcer sa présence en Amérique du Nord et en Amérique latine et se lancer sur le marché asiatique. (©AFP / 16 janvier 2015 16h23)  

et Obama exige une baisse drastique de la pollution : les émissions de méthane, un gaz très polluant, devront baisser de 40 % d’ici à 2025.
et Ségolène Royal donne un coup d’arrêt à la recherche d’hydrocarbures en rejetant huit nouveaux permis et le renouvellement de deux autres.

Non a la fracturation

Algérie : protestations contre le gaz de schiste, pour la forme dit, dans son éditorial du samedi 31 janvier, le journal algérien L'Expressionsalue la "Leçon de démocratie" prodiguée au pays par les habitants d'In Salah, opposés aux projets d'exploitation du gaz de schiste dans leur région. "Voilà un mois qu'ils manifestent de manière civilisée. Pas un brin de violence", malgré l'intervention parfois brutale et répressive des forces de l'ordre. "De ce fait, ils ont le droit, tous les droits de s'interroger, de douter sur l'impact réel d'une exploitation du gaz de schiste sur leur environnement". Ce samedi encore, des mouvements de protestation ont eu lieu dans plusieurs villes du sud du pays, comme le relève Le Temps d'Algérie.

Liberté-Algérie explique cependant que "la contestation du Sud n’est qu’une halte forcée quant au processus d’exploitation du gaz de schiste dans lequel s’est engagée l’Algérie". Certes, le gouvernement a raté sa communication et a été pris au dépourvu, lui qui ne s'attentait pas à une telle réaction. Mais la "détermination de l’État à mettre à exécution ses velléités" ne fait aucoun doute. D'autant plus, complète El-Watan, qu'il est apparu ce 1er février que "l'Algérie dispose de 4940 trillions de pieds cubes (TCF) de réserves de gaz de schiste, dont 740 TCF sont récupérables", ce qui la hisse à la quatrième position mondiale, juste après les Etats-Unis, la Chine et l'Argentine. A LIRE  dans COURRIER INTERNATIONAL

Dessin de Dilem paru dans Liberté

LIRE AUSSI :  Algérie: Sonatrach et Petrofac s’engagent dans une joint-venture sur les hydrocarbures 

et Les membres du Parlement ne semblent pas être intéressés par la polémique sur l’exploitation du gaz de schiste

RAPPEL D'UN ARTICLE SUR LE SUJET DANS LEQUEL HOCINE MALTI DISAIT QUE "CELA EQUIVALAIT A SE TIRER UNE BALLE DANS LE PIED"

et le Pape François aussi dit "non au fracking"

Pape non au fracking

Royaume-Uni: miracle ou menace, le gaz de schiste continue de diviser

Une décision sur de nouvelles licences pour l’exploration du gaz de schiste en Grande-Bretagne a été reportée mercredi, signe des difficultés à réconcilier opposants et partisans de cette source d’énergie nouvelle poussée par le gouvernement Cameron. Les autorités du Lancashire, un comté du nord-ouest de l’Angleterre, devaient se prononcer sur l’attribution de deux nouvelles licences à la société britannique Cuadrilla. dans LIBERATION  & LE MONDE 

PAR CONTRE,  L'Écosse a imposé un moratoire sur les permis d'exploration pour le gaz de schiste, peu après que le Parlement de Westminster se soit opposé à une interdiction nationale, dans EURACTIV d'après THE GUARDIAN 

et la Pennsylanie aussi dans les parcs nationaux et les forêts.

A VOIR et A REVOIR : L’OR NOIR DE L’AMERIQUE sur LCPAn

(je déconseille le débat qui s’en est suivi, sauf à voir Thomas Porcher, l’économiste auto-proclamé, INCAPABLE de répondre sur la différence entre « pétrole » et « gaz de schiste »

LOI MACRON : des députés proposent (enfin) d’engager la réforme du Code Minier.