GAZ DE SCHISTE : COUP DE GUEULE & IMPOSTURE

Coup de gueule de Rémy Carrodano sur le feu vert pour la fracturation hydraulique

Le 23 juin, le conseil du comté de Lancashire devrait accorder une licence à Cuadrilla pour extraire du gaz de schiste. C’est une première depuis le moratoire mis en place après deux légers séismes en 2011.Les responsables de planification du comté de Lancashire, dans le nord-ouest du pays, ont rendu un avis favorable pour que le conseil du comté accepte le forage dans quatre puits d’exploration de gaz de schiste par fracturation hydraulique, rapporte The Times.Les forages de la société Cuadrilla pourraient commencer dès l’automne et auraient lieu près de Blackpool, dans le nord de l’Angleterre. Ce serait la première fois que le Royaume-Uni aurait recours à la fracturation hydraulique, depuis les séismes causés par cette méthode en 2011 à Preese Hall, un autre endroit du même comté. Bien que ces tremblements de terre aient été de faible intensité, Cuadrilla avait dû arrêter ses forages, rappelle le quotidien.

Le succès ou l’échec du nouveau site de forage, aujourd’hui brouté par des vaches laitières, jouera un rôle important pour déterminer si oui ou non la Grande-Bretagne développera une importante industrie de fracturation hydraulique”, note le journal conservateur. “Cuadrilla doit prouver non seulement qu’il est possible d’extraire le gaz, mais aussi qu’elle est capable de le faire sans danger.”  Dans un éditorial, The Times estime que le gaz de schiste permettrait, “comme aux Etats-Unis, d’avoir une chute des prix du gaz, une économie qui ne dépendrait plus de régions politiquement instables, et une baisse des émissions de CO2”.

Le britannique Cuadrilla va être autorisé à forer dans le nord-ouest de l'Angleterre. Les autorisations prennent plus de temps que prévu au niveau local.

C'est un feu vert à la fracturation hydraulique et à l'exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni. Lundi, une collectivité locale du Lancashire, dans le nord-ouest de l'Angleterre, a recommandé d'autoriser la demande de forage pour plusieurs puits déposée par le britannique Cuadrilla. La direction de l'entreprise a souligné lundi qu'elle attendait maintenant la décision formelle du comté du Lancashire, attendue la semaine prochaine. Sauf surprise, celui-ci devrait suivre la recommandation formulée par les responsables de l'aménagement pour cette collectivité. Si c'est le cas, ce sera la première fois qu'une telle autorisation est donnée en Grande-Bretagne depuis 2011. 

Une victoire en demi-teinte

Cette année-là, un moratoire avait été imposé, à cause de Cuadrilla justement. La société avait provoqué des mini-tremblements de terre en raison de la fracturation hydraulique. Si tout se passe comme prévu, ce projet pourrait devenir le premier pour l'exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni. En réalité, c'est une victoire en demi-teinte pour Cuadrilla. Si l'un des projets de la société est bien sur le point d'être approuvé, un autre, dans une partie plus rurale de la même région, semble bien mal parti. La même collectivité locale a recommandé de l'interdire parce que son exploitation entraînerait un trafic trop important, ce qui aurait « un impact inacceptable sur le réseau routier rural ». Quant au premier projet lui-même, le comté ne devrait l'autoriser que sous des conditions très strictes pour protéger l'environnement, estiment les experts. Cette décision illustre le paradoxe qui règne outre-Manche sur la question du gaz de schiste. Au niveau national, aucun obstacle légal n'empêche les industriels d'aller de l'avant. Le Premier ministre, David Cameron, a plusieurs fois affirmé son engagement en faveur de l'exploitation, même si celle-ci reste controversée dans le grand public.  Sur le terrain, le jeu est beaucoup plus compliqué pour les industriels, qui ont jusqu'à présent peiné à obtenir les autorisations nécessaires. « Le processus est beaucoup plus lent que prévu. La réglementation locale sur l'aménagement s'est avérée imprévisible », critique Dan Lewis, auteur d'un rapport sur le gaz de schiste pour l'Institute of Directors, un organisme patronal. Le cabinet de conseil Pöyry estime que la production ne pourra pas démarrer avant 2019 ou 2020, soit cinq ans de plus que ce qui était prévu il y a quelques années.

Le revirement de Nicolas Sarkozy sur le gaz de schiste l'a amené à recruter  Maud  Fontenoy comme déléguée à l'environnement au sein du Comité exécutif de Les Republicains.

Sur France INTER, cette dernière a essayé de "porter une écologie pragmatique et modérée" : LE PODCAST

J'aurais l'occasion de lui répondre puisque l'on m'a demandé un article en ce sens à paraître en Juillet.