Gaz de schiste : "La fracturation propre est un leurre total"

gaz-de-schiste-ce-n-est-pas-fini.jpgComme dans le film "No Gazaran" présenté au Sémaphore à Nîmes (Gard), Jean-Pierre Forster dénonce la fracturation dite propre du gaz.

Après l’abrogation par le gouvernement Sarkozy des permis d’exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique, quelles sont vos craintes exprimées en qualité de porte-parole du collectif Nîmes Antischiste concernant le département du Gard ?

On s’attend à ce qu’il y ait une nouvelle offensive une fois les élections passées. Il n’y a pas de cohésion au sein du gouvernement socialiste. Hollande a dit qu’il maintiendra l’interdiction en absence de solution écologique et dernièrement Montebourg nous a sorti du chapeau la fracturation dite propre avec du propane.

Qu’est ce que cela peut changer ?

C’est un leurre total car le vrai problème c’est la fracturation. Une fois l’exploitation terminée, on rebouche le canal de forage mais on laisse l’immense réseau de fissures verticales ou horizontales en l’état. Selon la géologie le gaz va remonter et polluer le sol, donc toute activité humaine mais aussi l’atmosphère avec un gaz, le méthane, 25 fois plus actif sur l’effet de serre que le CO2.

Vous maintenez que c’est une solution sans avenir ?

Pour plusieurs raisons. L’étendue des ressources a été surévaluée. Des experts nommés par Nicolas Sarkozy préconisent de diviser celle-ci par dix. Le mode production américain n’est pas imposable en France avec des densités de population qui rendrait le coût de l’exploitation plus cher et réduirait à néant son intérêt pour l’économie des entreprises.

En terme d’emploi qu’en serait-il ?

Aux États-Unis la moyenne est de 1,2 emploi crée par puits. Si on considère le nombre d’emplois détruit en terme d’agriculture ou de tourisme sans compter les effets de la pollution on arrive, au bout des cinq ans d’existence d’un puits, à un déficit d’emploi.

Existe-t-il cependant un intérêt économique pour les communes ?

Le code minier actuel ne laisse que peu de revenus aux communes. Ensuite l’État français a baissé les droits de taxation sur le gaz de 30 % à 5 %. Par contre elles auront à charge la réalisation et l’entretien de la voirie.

Quelle solution préconisez-vous ?

L’abandon total des permis d’exploitation pour qu’enfin le développement d’un mix énergétique basé sur l’éolien, le solaire, l’hydraulique puisse être engagé. Notre motivation contre l’exploitation des gaz de schiste reste intacte et notre mot d’ordre demeure : Ni ici, ni ailleurs, ni maintenant, ni jamais.

Avec la bande annonce du film "NO GAZARAN"